CAROLE DESCORDES


  • 16 bouquets, en hommage à Manet
  • Titre : 16 bouquets, en hommage à Manet
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  • Biographie

    À la fin de sa vie, Édouard Manet, affaibli par la maladie, se voit contraint de

    renoncer aux grandes scènes de peinture. Il se tourne alors vers des

    compositions plus petites et apaisées, telles que des bouquets de fleurs. Entre

    1881 et 1883, il réalise seize natures mortes, représentant des fleurs dans des

    vases. Ces oeuvres, simples en apparence, sont cependant pleines de vie et de

    couleurs vibrantes.

    Manet peint les fleurs de son jardin, choisissant de petits vases élégants. Malgré

    sa souffrance, il poursuit sa peinture avec une grande attention et une

    délicatesse manifeste. Chaque bouquet semble figer un instant fragile, une

    beauté éphémère capturée dans sa plus grande simplicité. Ces bouquets

    dégagent une poésie subtile, évoquant le passage du temps, la beauté fugace

    de la nature et un silence méditatif. Ce sont comme de petits poèmes visuels, où

    l’essentiel se dit avec peu de gestes.

    À travers ces seize tableaux, Manet nous dévoile un aspect plus intime et

    poétique de son oeuvre. Aujourd’hui, ces peintures sont perçues comme un

    hommage à la vie, à la nature et à la beauté discrète des fleurs.

    Inspirée par les derniers bouquets peints par Manet, j’ai voulu, à travers

    cette série photographique, rendre hommage à la poésie silencieuse de

    ces oeuvres.

    Peints dans la sobriété des derniers instants, ces tableaux évoquent pour moi la

    beauté fragile du vivant, la lumière posée sur un instant précis, et un geste

    simple, empreint de sincérité.

    Mes photographies n’ont pas l’ambition d’imiter ces oeuvres, mais plutôt de

    prolonger leur esprit.

    Chaque bouquet devient un instant suspendu, où la lumière, les formes et les

    couleurs se mêlent pour évoquer une émotion subtile. Mon travail s’inscrit dans

    une démarche de contemplation, cherchant à saisir la douceur et la délicatesse

    du vivant à travers des gestes simples, mais chargés de sens.

    Ce n’est pas seulement un hommage à Manet, mais aussi une réflexion sur la

    manière dont l’art peut saisir l’éphémère, cette beauté qui nous échappe

    toujours.